V - Cyberviolence
La cyberviolence (ou cyberharcèlement) est défini comme « un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule ».
Source : Éducation Nationale, reprenant le psychologue anglais Peter K. Smith.
La cyberviolence peut se manifester sous plusieurs formes variées, chacune ayant ses caractéristiques spécifiques et pouvant impacter différemment les victimes :
L'exclusion :
Il s’agit de l’exclusion d’une personne d’un regroupement social en ligne. La personne exclue peut devenir la cible de moqueries ou de commentaires humiliants, ce qui peut nuire à sa réputation et à son bien-être. Cette forme de cyberviolence entraîne souvent un sentiment d’isolement et de rejet.
Exemple : Un élève est retiré d’un groupe de classe sur WhatsApp sans raison apparente, ce qui le met à l’écart des discussions et informations importantes.
Le flaming :
Cela consiste à envoyer des messages violents, insultants ou menaçants à une personne. Ces messages sont souvent publics et répétitifs, et peuvent provoquer de la peur ou du stress chez la victime. Le flaming peut se produire dans les commentaires d’un réseau social, dans des messages privés ou sur des forums.
Exemple : Commentaires agressifs sous une publication sur Instagram ou Facebook, visant à blesser ou provoquer la personne ciblée.
Le dénigrement :
Il s’agit de décrédibiliser une personne en portant atteinte à son image, souvent par la diffusion de fausses informations ou de contenus humiliants. Cette pratique peut avoir des conséquences durables sur la réputation et la confiance en soi de la victime.
Exemple : Création d’un faux compte pour ridiculiser quelqu’un ou publier des propos diffamatoires à son sujet.
L'usurpation d'identité :
Elle consiste à s’approprier l’identité de quelqu’un, par exemple en accédant à sa messagerie ou à son profil sur un réseau social, afin de se faire passer pour lui et envoyer des messages insultants ou trompeurs. Cela peut entraîner des conflits avec d’autres personnes et une atteinte à la réputation.
Exemple : Piratage d’un compte Snapchat pour insulter les amis de la victime ou publier des contenus inappropriés.
L'outing :
Cette forme de cyberviolence correspond à la divulgation d’informations intimes ou confidentielles sur une personne sans son consentement. Cela peut concerner des photos, des vidéos, des conversations ou des informations personnelles, et entraîne souvent un sentiment d’humiliation et de trahison.
Exemple : Partage de conversations privées ou de photos compromettantes sur les réseaux sociaux.
Le happy slapping :
Il s’agit d’actionner la caméra d’un smartphone pour filmer une scène de violence subie par une personne, puis diffuser la vidéo en ligne. La diffusion publique de ces images amplifie l’humiliation et peut avoir des conséquences judiciaires pour l’auteur et un fort traumatisme pour la victime.
Exemple : Vidéo d’une bagarre publiée sur TikTok, partagée et commentée par un large public.
Le sexting :
Cette pratique consiste à envoyer des textos, photos ou vidéos à caractère sexuel dans le cadre d’une relation consentie. Le problème survient lorsque ces contenus sont ensuite diffusés par un tiers malveillant dans le but de nuire à la personne, ce qui constitue une forme de cyberviolence.
Exemple : Partage non consenti d’une photo intime sur les réseaux sociaux, entraînant un harcèlement et une atteinte à la réputation.
Texte légal : Article 222-33-2-2 du Code pénal
Le cyberharcèlement est reconnu comme un délit en France depuis 2014, ce qui permet de sanctionner légalement les auteurs d’actes de harcèlement en ligne et de protéger les victimes contre les messages insultants, les menaces ou la diffusion non consentie de contenus compromettants.
« Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail. [...] »
(Source)
